Février 2020 – Entre rumination et réemploi… quelques propos d’écologie culturelle

Après une nuit de la lecture – d’incitation à la lecture – qui s’est prolongée quatorze nuits et dont vous trouverez les fiches côté Hadrien et côté Repères, nous veillons activement dès ce premier février à vous accueillir au mieux au Théâtre des 2 Mondes pour notre premier week-end thématique, du vendredi soir 28 février au dimanche après-midi 1er mars 2020 :

Autour d’Œdipe

C’est un nouveau concept que nous vous proposons, alliant à une offre de spectacles celle d’une participation active à un travail de réflexion partagée sur le pouvoir que les mythes continuent d’exercer sur notre compréhension du monde et de nous-mêmes.

Alors que nos sociétés privilégiées commencent à prendre conscience des méfaits d’une surconsommation générale gaspilleuse de ressources, il nous semble pertinent d’interroger notre consommation culturelle et les bénéfices qu’elle nous procure par-delà l’immédiateté des curiosités satisfaites et des plaisirs dispensés. Avons-nous encore le temps et la capacité de bien nous nourrir de l’abondance ou même de la surabondance à laquelle nous accédons ?

Sommes-nous encore en mesure de « digérer » les connaissances approchées lors de nos lectures ou des conférences entendues, les émotions éprouvées lors des expositions visitées ou des spectacles applaudis ? Que reste-t-il de ce qui a retenu notre attention sur le moment, en avons-nous été changés quelque peu, avons-nous su le réemployer à quelque nouvelle fin ? Aux oubliettes de notre mémoire passoire le dernier film, le dernier concert, le dernier roman, s’effaçant très vite, sous la pression des rendez-vous à venir de nos agenda, pour rejoindre la malle aux trésors des vagues souvenirs ?

Serait-ce qu’il nous est devenu difficile de marquer les arrêts de jeu et de pratiquer cette condition d’exercice de la philosophie qu’est pour Nietzsche le labeur de la « rumination » qui, loin d’un ressassement mortifère et d’une clôture sur le seul passé, permet une bonne digestion ? Serait-il judicieux de faire retour donc sur ce qui nous a séduits ou mobilisés, récemment ou il y a longtemps, et qui nous a laissé l’impression plus ou moins fugace qu’il serait bon d’y revenir, de relire, de revoir, de réécouter, que certaines œuvres ne s’épuisent pas du fait d’une fréquentation renouvelée ?

Or c’est précisément à cet exercice-là que nous souhaitons vous convier trois fois dans l’année pour travailler ensemble au réemploi et à la valorisation de trésors que la surabondance nous a conduits à négliger.

Autour d’Œdipe donc, ce mythe pour nous aujourd’hui, dont vous découvrirez un aperçu du programme en cliquant sur l’image :