Décembre 2018 – O mon âme, n’aspire pas à la vie immortelle, mais épuise le champ du possible

Ainsi s’ouvre, sur ce vers de la 3ème Pythique de Pindare placé en exergue, l’essai d’Albert Camus Le mythe de Sisyphe. Et le même essai nous offre dans le chapitre consacré à Kirilov, un héros des Possédés (Les démons) de Dostoïevski, cette citation en note :
« Stavroguine – Vous croyez à la vie éternelle dans l’autre monde ?
Kirilov – Non, mais à la vie éternelle dans celui-ci »

Vingt-cinq siècles séparent le poète lyrique grec du romancier russe et de l’écrivain français mais la même proposition se fait entendre, celle du choix d’une vie pleinement vécue et investie à l’aune des valeurs assumées et des ressources accessibles et mobilisables, et cela quels que soient les maux subis et les adversités affrontées.

Dans les turbulences qui agitent aujourd’hui nos environnements collectifs et personnels, souhaitons à l’approche de la fin de l’année, à ceux qui croient au ciel comme à ceux qui n’y croient pas, d’inscrire dans leur vie d’ici et maintenant de brefs et jubilatoires moments d’éternité.

Annie Blazy