Octobre 2021 – De l’art du réemploi

Deux expositions visibles actuellement à Paris – celle de Botticelli au musée Jacquemart André et celle consacrée à David Hammons par la Fondation Pinault à la Bourse de Commerce – témoignent superbement d’une pratique en usage constant dans l’univers des formes artistiques où la création se nourrit et se fortifie de la fréquentation des œuvres anciennes mais aussi fort modestement et irrespectueusement – ou non – des valeurs passées quand le pragmatisme économique conduit à remobiliser tout ou partie d’ouvrages abandonnés ou détruits au service de nouvelles finalités comme nous pouvons nous en rendre compte en observant à Vaison-la-Romaine les fondations de la cathédrale ND de Nazareth assises sur des tambours de colonnes antiques.

Il est tout aussi saisissant de voir comment, dans un contexte où l’art s’apprend, se mûrit et se diffuse au sein d’un atelier, le jeune élève de Filippo Lippi travaille le sujet et la forme d’une Vierge à l’enfant de son maître reconnue comme modèle pour en proposer une image-signature de sa vision et de son savoir-faire, que de découvrir la force poignante des matériaux précaires, résidus et déchets intégrés à la toile par un artiste farouchement solitaire qui impose leur légitimation hors de tout contexte institutionnel. A la croisée d’un regard contemporain accentuant l’inscription des œuvres d’art dans leur environnement politico-socio-économique et d’une sensibilité croissante aux valeurs d’une écologie anti-gaspillage, l’infini recyclage des formes, des techniques et des pratiques instituant les métamorphoses successives de l’objet identifié comme artistique ferait-il du réemploi dans l’art un passage obligé de la création actuelle ?

Il se pourrait que l’enjeu principal se lise dans notre relation à l’œuvre dès lors qu’elle suscite ou non, à sa découverte ou à sa redécouverte occasionnelle, le besoin d’un « arrêt sur images » tel qu’il impose un nécessaire retour, un besoin renouvelé au fil du temps d’un re-voir, d’une re-lecture. Ainsi s’apprécient pour chacun de nous les rencontres qui comptent et qui supposent et parfois exigent de ne pas s’y dérober, sous peine de se manquer en ignorant l’injonction du « connais-toi toi-même ». Ainsi se comprennent les œuvres d’écrivains comme celles de Christine Angot ou Annie Ernaux dont le travail d’élucidation requiert une relecture renouvelée d’événements et expériences qui, tels des cailloux jetés dans l’eau, dessinent à chaque nouvel impact des cercles s’élargissant sans cesse.

Annie Blazy


Hermès Dernières – octobre 2021

Hadrien 2000

Antinoüs

C’est un sublime poème de Fernando Pessoa intitulé Antinoüs qui célèbre la vie et le désir par-delà la mort que nous vous proposons de découvrir d’abord avec les deux extraits sonores ci-dessous (lecture Annie Blazy, composition musicale Delfine Ragonot),

Antinoüs – extrait 1
Antinoüs – extrait 2

…et plus tard sous forme de cd ou de dvd pour lesquels nous lançons une souscription, dont le bulletin est à télécharger ci-dessous :

Mythe et Littérature

Il vous est proposé de participer à une enquête en plusieurs phases sur le livre de Camille de Toledo Thésée, sa vie nouvelle qui retrace lui-même une enquête. Notre propos est de comprendre l’imbrication du référent mythologique dans le processus de conception et d’écriture de l’auteur.
Cliquer sur la vignette pour en savoir plus :

Repères en Vaucluse (projets hors Antiquité)

Atelier-Lecture Laurent Gaudé

Lundi 18 octobre : Atelier-Lecture L. Gaudé avec Le soleil des Scorta.