Juin 2017 – Sous le signe de Vénus…

En ce mois de juin, chers amis, nous plaçons notre XVIIIème Semaine de Théâtre Antique sous la bonne garde de Vénus et nous l’invoquons à notre tour vingt siècles après le poète latin Lucrèce dont vous lirez ci-après l’ouverture de ce fabuleux poème symphonique, scientifique et philosophique qu’est le De rerum natura, avant d’en entendre des extraits portés par la voix de Guillaume Boussard et accompagnés au piano par Emmanuel Lascoux le mardi 11 juillet au Mas Saint Quenin.

Alme Vénus, génitrice des fils d’Ænéas, jouissance
des humains et des dieux, sous les signes célestes qui passent,
tu peuples tout dans la mer porte-nefs et les terres frugeuses :
puisque c’est grâce à toi si toute espèce vivante
se reproduit et parvient jusqu’à voir la lumière solaire,
toi, ma Déesse, les vents te fuient, dans le ciel, les nuages
fuient ton approche, pour toi la terre dédaléenne
fait rejaillir ses fleurs, les flots pour toi batifolent
et le ciel apaisé resplendit de fluide lumière !
Car, aussitôt qu’un visage de jour printanier se dévoile,
quand le fertile Zéphyr s’affermit et recouvre ses forces,
les oiseaux, ma Divine, sont les premiers qui signalent
ton arrivée : sous ton charme, leurs cœurs volatiles vacillent.
Bêtes et fauves gambadent partout dans les gais pâturages,
pris par ta grâce, ils traversent l’eau vive et désirent
suivre tes pas, quel que soit le chemin sur lequel tu les guides.
Bref. Partout, dans les mers, les montagnes, les fleuves voraces,
les feuillantines maisons des oiseaux, les prairies verdoyantes,
tu instilles dans les poitrines de tous l’amour tendre
afin que grâce au désir, chaque génération se propage.
Tu es seule à conduire la nature des choses,
rien, sans toi, ne s’élève jusqu’aux rives divines
de la lumière du jour, rien d’heureux ni d’aimable n’arrive,
et je veux m’allier à toi dans ces vers que je trace
en entamant le poème de la nature des choses
pour mon cher Memmius, auquel tu souhaites, Déesse,
depuis toujours, d’être en toute matière paré d’excellence.
Veuille, Divine, accorder à mes vers la grâce éternelle !

Traduction Guillaume Boussard